Rythmes scolaires

La nouvelle municipalité concerte les parents sur les rythmes scolaires sans avancer d’arguments valables si ce n’est le coût des TAP versus le coût de garde du mercredi matin.

Parce que nous sommes persuadé.es que le rythme de 4,5 jours est le plus favorable au bien-être de l’enfant, nous souhaitons vous apporter les arguments nécessaires à votre prise de décision.

Bien sûr, certaines familles n’ont d’autre choix que de laisser leurs enfants de 8h30 à 18h30 sur les 5 jours. Cependant l’alternance du temps scolaire, périscolaire, de découverte et de loisirs sont importants.

L’idéal serait de revoir les rythmes dans leur globalité, nombre d’heure scolaire, horaires de début et fin de journée, rythmes des vacances, etc.

Sommaire

  • Les élèves sont plus attentifs le matin. 5 matinées = meilleur apprentissage.
  • Les journées de temps scolaires sont moins longues et moins fatigantes.
  • La coupure du mercredi est néfaste= 2e désynchronisations après celle du week-end.
  • TAP (temps d’activité périscolaire, 2 x 1h30, gratuits à Semoy) = égalité sociale d’accès aux activités périscolaires.
  • Cette répartition des temps est plus favorable à l’apprentissage des élèves porteur de handicap.

2025 – Rapport de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant

Par le Conseil économique, social et environnemental

EXTRAIT : « Proposition 9 :

Passer la semaine à 5 jours du lundi au vendredi, dans le cadre scolaire, pour permettre une stabilité dans le rythme des enfants

122 votants : POUR 82,8 % (101 voix) • CONTRE 13,9 % (17 voix) • ABSTENTION : 10,7 % (13 voix)

Aujourd’hui, alors que le cadre légal prévoit la semaine scolaire sur 4 jours et demi, l’organisation de la semaine scolaire sur 4 jours, permise par les dérogations accordées, est très largement majoritaire.

À la rentrée 2023, selon les données du ministère de l’Éducation nationale, 93 % des communes, soit plus de 21 000 communes avaient adopté ce fonctionnement.

Les chronobiologistes sont unanimes : l’aménagement du temps de la semaine condensé sur 4 jours n’est pas en adéquation avec les rythmes biologiques de l’enfant et de l’adolescent. Cette organisation entraîne des journées trop denses, des ruptures et des irrégularités dans les heures de coucher et de lever qui ont des incidences majeures sur les capacités d’attention et la fatigue des enfants.

Par ailleurs, la France est le seul pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à avoir ce modèle d’organisation, la semaine de 5 jours étant largement répandue dans les autres pays.

Le bien-être de l’enfant est la boussole de nos travaux : il doit être notre priorité à toutes et tous.

Ainsi, nous souhaitons garantir la semaine de 5 jours, dans le cadre scolaire pour tous les élèves, de l’école élémentaire au lycée, car il s’agit du modèle le plus en adéquation avec les rythmes biologiques de l’enfant mais aussi plus globalement avec sa santé, son développement et ses apprentissages. En effet, l’étalement de la semaine sur 5 jours permet de réduire la pression journalière exercée sur les enfants et la charge de travail, et ouvre la possibilité d’avoir des apprentissages et des méthodes plus variés, avec des apprentissages pratiques l’après-midi (projets, ateliers de la vie pratique, pratique artistique et sportive). Ce modèle assure plus de continuité pédagogique en limitant les coupures dans la semaine et en permettant d’avoir des cours moins condensés.

Étendre la semaine sur 5 jours, c’est aussi lutter contre les inégalités en offrant des activités et apprentissages divers obligatoires, accessibles à tous les enfants, leur ouvrant ainsi les mêmes possibilités et opportunités, indépendamment de leur milieu social. La semaine de 5 jours permettra de mieux individualiser le suivi des enfants et des jeunes et de lutter contre le décrochage scolaire. Ce modèle offre aussi davantage de temps de vie en commun, toutes catégories sociales confondues, améliore la cohésion sociale, le « faire société » et favorise l’inclusion de toutes et tous, notamment des plus fragiles.

Enfin, instaurer la semaine de 5 jours a des implications positives sur la majorité des parents. Ce modèle permet de simplifier leur vie en harmonisant l’organisation des différents niveaux (élémentaire et secondaire). En ouvrant la possibilité aux parents de travailler le mercredi, cette proposition contribue également à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes face à l’emploi et aux salaires. Nous nous sommes accordés sur la journée scolaire pleine du mercredi, et non pas du samedi, afin de préserver un temps familial de qualité le week-end et de limiter le risque d’absentéisme. »


2017 – Rythmes scolaires : faire et défaire, en finir avec l’instabilité

Rapport du Sénat sur la réforme Peillon.

EXTRAIT : « Toutefois, parmi les enseignants rencontrés, une majorité fait part d’un ressenti positif, en ce que la cinquième matinée permet de placer les apprentissages fondamentaux aux moments où la capacité d’attention des élèves est la plus grande et donne le sentiment de disposer de davantage de temps pour les enseigner. »


2011 – Des rythmes plus équilibrés pour la réussite de tous

Rapport du comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires.

EXTRAIT : « Le rapport comporte également des préconisations fortes comme l’interdiction de la semaine de quatre jours et le raccourcissement des vacances d’été […] D’autres préconisations du rapport me paraissent en effet essentielles comme la question du sommeil des enfants sur laquelle nous proposons de mieux sensibiliser les parents à travers notamment la mise en place d’une véritable politique de santé publique, comportant par exemple des campagnes de Communication. »

« [ ….] Au profit d’une semaine de quatre jours et demi ou cinq jours. On ne rappellera pas ici les effets négatifs, qui ont été déjà évoqués, de la semaine de quatre jours sur la fatigue des élèves et la qualité des apprentissages


2010 – Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant

Rapport de l’Académie Nationale de Médecine.

EXTRAIT : « l’importance de la prise en compte des rythmes biologiques et psychophysiologiques de l’enfant dans toute réflexion sur cette question ; […] le rôle néfaste à cet égard de la semaine dite de quatre jours sur la vigilance et les performances des enfants, les deux premiers jours de la semaine, liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé »


2001 – Rythmes de l’enfant : de l’horloge biologique aux rythmes scolaires

Expertise collective de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale)

« Le profil de rythmicité classique journalier n’est plus présent lorsque l’aménagement de type 4 jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi de classe) est mis en place. Dans ces conditions, il est accompagné d’une inversion de la rythmicité et d’une baisse significative du niveau de performance, particulièrement chez

les jeunes enfants (CP) et chez les élèves fréquentant des établissements situés en zone sensible (ZEP). Cette inversion témoigne d’une inadéquation entre les rythmes de vie et les emplois du temps. »

La FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Élèves)


Les chronobiologistes, pédagogues et scientifiques

La plupart, voire la quasi-totalité des chronobiologistes, pédagogues, scientifiques, considèrent la semaine de 4 jours comme une hérésie.

Dès les années 1960, la réflexion sur la nécessité de changer les rythmes scolaires en France provient de leaders de la médecine pédiatrique : les professeurs R. Debré, D. Douady, G. Vermeil, E. Lévy, sans oublier le professeur J. Bernard qui, dans son rapport au ministre, en 1974, souligne les conséquences du surmenage scolaire et la priorité absolue de prendre en compte la biologie :  « Un système qui ne tient pas compte en premier lieu de la biologie de l’enfant et de l’adolescent, est une menace sur sa santé et le rend inapte à fixer les connaissances enseignées. L’éducation la meilleure est inefficace si elle n’est pas reçue. »

Ces alertes sont relayées et approfondies par la recherche en chronobiologie et chronopsychologie par F. Testu, A. Reinberg, H. Montagner, Y. Touitou, C. Leconte.

Claire Leconte, professeur émérite de psychologie de l’éducation et chercheur en chronobiologie

Des rythmes de vie aux rythmes scolaires. Une histoire sans fin, Presses universitaires du Septentrion, 2014.

EXTRAITS : « Or, cette semaine des 4 jours ne respecte pas les rythmes biologiques des enfants et ne répond pas à leur besoin de régularité. Je n’y suis donc pas favorable. » […] « Dans l’idéal, il faudrait 6 matinées d’école du lundi au samedi car seule la régularité favorise les apprentissages ». […] « il faut organiser les journées différemment. En finir avec le deux fois trois heures et faire des matinées plus longues (3 h 30 à 4 heures dans l’idéal) que les après-midi (deux heures) et ce « afin de faire bénéficier les enfants de la clarté de leur esprit » comme le disait dès 1906, le psychologue Alfred Binet. »

François TESTU, Professeur Emérite en Psychologie, vice-président de l’ORTEJ

ORTEJ : Observatoire des Rythmes et des Temps de vie des Enfants et des Jeunes

Rythmes de vie et rythmes scolaires ; aspects chronobiologiques et chronopsychologiques », Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson, 2009

EXTRAIT : « Le chapitre VIll rappelle les trois rythmes à respecter en priorité et s’achève sur un témoignage collectif contre la semaine de 4 jours, concrétisé par une lettre ouverte publiée par Le Monde en 1995.

Corinne Heckmann, coordinatrice du rapport annuel de l’OCDE

EXTRAIT 2017 : Elle a rapporté que « l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) n’est pas ravie du retour à la semaine de quatre jours » […]. « Le choix des communes s’est basé sur des raisons financières, et on ne peut pas leur en vouloir, mais non sur le bien-être de l’enfant », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse à Paris. Avec 4,5 jours d’école par semaine, les petits Français étudiaient déjà 21 jours de moins que la moyenne des élèves européens (162 jours en France, contre 183 de moyenne dans l’Union européenne). Et ce nombre va encore diminuer (à 144) avec la semaine de quatre jours.

Georges FOTINOS, ancien responsable du dossier « Aménagement du temps et des rythmes scolaires » au Ministère de I’Education nationale

La semaine de quatre jours : une querelle stérile + nombreuses publications.

Antoine Prost, Professeur d’histoire émérite à la Sorbonne

Bien connu des Orléanais, ancien enseignant à l’Université d’Orléans, professeur émérite de la Sorbonne, ancien adjoint au maire Jean-Pierre Sueur en charge de l’Urbanisme, historien reconnu pour ses travaux sur la Première guerre mondiale et sur l’histoire de l’école et de l’éducation.


Pour la rentrée 2017, les maires ont pu choisir la semaine de 4 jours à l’école primaire. Antoine Prost, historien de l’éducation, a signé, avec d’autres universitaires, une tribune dans Le Figaro les exhortant à ne pas faire ce choix. (Article au dos, 19 octobre 2017).

Des communes ont attendu 2014 pour mettre en place la réforme, à Semoy les élu.es (dont certains d’entre-nous font partis) l’ont décidé dès 2013. Avec un investissement très important pour les parents d’élèves, les enseignants, les services et les élus.

Un très gros travail a été réalisé alors pour mettre en place les TAP (Temps d’Activités Périscolaires). Ils visent à favoriser l’accès de tous les enfants aux pratiques culturelles, artistiques et sportives. C’est vraiment un plus pour les enfants, une grande chance pour eux de pouvoir s’ouvrir à des domaines culturels, artistiques, sportifs, à l’écologie, la citoyenneté, etc. avec des intervenants extérieurs, des bénévoles motivés.

Nous avons veillé bien sûr à ce que les TAP à Semoy soient de qualité. Cela a un coût pour la commune même si elle était un peu subventionnée (État + CAF). Les élus des mandats 2014-2020 puis 2020-2026 ont toujours été d’accord pour faire cet effort dans l’intérêt de l’enfant. Cette ouverture d’esprit, cette éducation à la citoyenneté facilitent aussi leur intégration au Collège. 

Certaines années, les TAP ont fait l’objet de projets évolués : vidéo de sensibilisation, travail du conseil municipal des enfants, projet artistique et botanique sur les insectes avec exposition, spectacle de danse, jardinage, sensibilisation à l’égalité fille/garçon, etc.

De tous les pays de I’OCDE (38), la France est le plus mauvais élève : c’est le pays qui a le moins de jours d’école dans l’année et le plus d’heures de cours par jour ! Ainsi, avec le retour à la semaine de quatre jours dans de nombreuses communes, la France est plus que jamais le pays avec le temps d’enseignement primaire Ie plus concentré d’Europe.

De tous les pays de I’OCDE, la France a :

  • le nombre de jours d’enseignement le plus faible (144 jours contre 187 jours en moyenne) ;
  • le nombre annuel d’heures d’instruction le plus élevé (de 864 heures à 936 heures avec aide personnalisée, contre en moyenne 765 heures pour les élèves âgés de 7 à B ans et 804 heures pour les élèves âgés de 9 à 11 ans) ;
  • le temps annuel de vacances le plus important (16 semaines contre en moyenne 13 à 14 semaines)
  • une concentration unique au monde (pays industrialisés) des apprentissages hebdomadaires sur quatre jours : « Une organisation qui paraît beaucoup plus en rapport avec des préoccupations d’adultes, de vie familiale, et des enjeux économiques qu’avec les apprentissages scolaires. »

Nos élèves ont les journées de classe les plus chargées. À l’école, tout est compressé, les élèves n’ont pas le temps de respirer. Les résultats scolaires pour la France sont mauvais, alors que les meilleurs résultats aux tests PISA, ce sont des pays comme la Finlande, le Japon ou la Suède qui ont beaucoup moins d’heures et elles sont beaucoup plus étalées.

Les gouvernements successifs abordent le sujet avec plus ou moins de courage politique.

Depuis Ia rentrée 2017, Publication d’un nouveau décret (JO du 29) autorisant par dérogation, le retour à la semaine de quatre jours dans les écoles maternelles et élémentaires, à condition toutefois de respecter la durée d’enseignement hebdomadaire de 24 heures et que la journée scolaire n’excède six heures d’enseignement.

Le paradoxe est que les communes qui fonctionnent sur 4 jours et demi (15%), sont conformes aux textes de loi, alors que celles qui fonctionnent sur 4 jours (85 %) sont en dérogation.

D’autres Rapports :

  • Cour des comptes : L’Éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves, mai 2010
  • Études de l’Inspection générale de l’Éducation nationale : L’aménagement des rythmes scolaires à l’école primaire, 2001, 2002, 2009
  • Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale : Que/s rythmes pour l’École ?, décembre 2010
  • Conférence nationale sur les rythmes scolaires : Des rythmes plus équilibrés pour la réussite de tous, juillet 2011
  • Sénat : Rythmes scolaires : faire et défaire, en finir avec l’instabilité, juin 2017